Héritier du mouvement Dada mais contemporain du Pop art américain, le « Nouveau réalisme » s’inscrit dans la
mouvance artistique des années 1960 qui place au centre de l’œuvre l’objet quotidien. Ce courant, initié par
les « Ready-made » de Marcel Duchamp, entretient cependant un lien plus étroit avec la société de consommation
et y installe de façon durable l’art de l’objet. L’objet existe désormais comme genre artistique au même titre que la
peinture et la sculpture.
Fondé par le peintre Yves Klein et orchestré par le critique français Pierre Restany, qui en publie les différents
manifestes, le mouvement se définit comme un « recyclage poétique du réel urbain, industriel, publicitaire ».
Ainsi, dans leur diversité plastique, les artistes du groupe ont en commun la recherche « d’une méthode
d’appropriation directe du réel ». Une réalité qui, plutôt que d’être représentée, se doit d’être utilisée telle
quelle, offrant ainsi une grande inventivité dans les techniques d’expression, qui laissent une large part à
l’utilisation du hasard et du déchet : femmes-pinceaux d’Yves Klein, tableaux-pièges de Spoerri, assemblages de
Raysse, accumulations d’objets d’Arman et de Deschamps, compressions et expansions de César, emballages de
Christo, affiches lacérées de Hains, Rotella et Villeglé, peintures au pistolet et personnages de Niki de Saint-
Phalle, machines à peindre de Tinguely.
« Tel est le Nouveau réalisme : une façon plutôt directe de remettre les pieds sur terre, mais à 40° au-dessus du
zéro de dada, et à ce niveau précis où l’homme, s’il parvient à se réintégrer au réel, l’identifie à sa propre
transcendance, qui est émotion, sentiment et finalement poésie, encore. » (P. Restany. 1er Manifeste, [extrait]
Milan 16 avril 1960).